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interview / Perica SUCEVIC

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N°526 – septembre 2026
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N°525 – juillet 2026
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N°524 – juin 2026
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N°519 – janvier 2026
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N°517 – novembre 2025
EXPERTISES N°516 - octobre 2025 - Nouvelle ouverture de GTLD : Risques et opportunités / Vincent DENOYELLE, Marianne GEORGELIN et Cédric MICHEL-FLANDIN
N°516 – octobre 2025
EXPERTISES N°515 - septembre 2025 - L’impact du numérique sur nos libertés / Pauline Türk
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EXPERTISES N°514 - juillet 2025 - CONTRATS LOGICIELS : TOUS CAPTIFS ? / Alexandre DIEHL
N°514 – juillet 2025
EXPERTISES N°513 - juin 2025 - Legal Ops, le COO de la direction juridique / EMILIE CALAME / FELIPE BORGES
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EXPERTISES N°512 - mai 2025 - CONTREFAÇON DE LOGICIEL À L’ÈRE DE L’IA / Claire BERNIER, Vincent GEOFFRAY et Bruce BONNAURE
N°512 – mai 2025
EXPERTISES N°511 - avril 2025 - Souveraineté numérique : idéal ou réalité ? / Philippe Latombe
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EXPERTISES N°510 - mars 2025 - LA LIBERTÉ D’EXPRESSION MENACÉE PAR LE RGPD ? / Alexandre FIÉVÉE
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EXPERTISES N°508 - janvier 2025 - L’IAG pour les juristes, Oui mais avec précautions / Yannick Meneceur
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EXPERTISES N°507 - décembre 2024 - LE RGPD, UNE AVENTURE LÉGISLATIVE / Jérôme DEROULEZ
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EXPERTISES N°506 - novembre 2024 - L’IA POUR LA PRÉVENTION DES RISQUES IT / David FELDMAN
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EXPERTISES N°504 - septembre 2024 - ACCULTURATION DES PME AU RGPD : VERS UNE CONFORMITÉ FACILITÉE / Sophie NERBONNE
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EXPERTISES N°503 - juillet 2024 - RELATION CLIENT/FOURNISSEUR, UN DÉSÉQUILIBRE EN ÉVOLUTION / Stéphane LEMARCHAND
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EXPERTISES N°502 - juin 2024 - Société à mission, un statut prisé par la Tech / Garance Mathias et François Gorriez
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EXPERTISES N°500 - avril 2024 - DROIT DU NUMÉRIQUE : RÉTROSPECTIVE ET PERSPECTIVES / Alain BENSOUSSAN
N°500 – avril 2024
EXPERTISES N°499 - mars 2024 - Extra -                                                                                                                                                                                                                                         Territorialité: menaces et solution / Pierre DESMARAIS
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EXPERTISES N°490 - mai 2023 - Transhumanisme : un changement de civilisation / Amandine Cayol, Emilie Gaillard et Coline Vuillermet
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EXPERTISES N°489 - avril 2023 - Anonymiser : une question de gestions de risques / Maryline Laurent
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EXPERTISES N°488 - mars 2023 - Actifs immatériels : Une valeur encore trop sous-estimée / Sylvie Gamet
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EXPERTISES N°487 - février 2023 - Flux transatlantique de données : Des progrès mais… / Bradley Joslove
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EXPERTISES N°486 - janvier 2023 - L’intelligence juridique : pour un juriste stratège / Véronique Chapuis-Thuault
N°486 – janvier 2023
EXPERTISES N°485 - décembre 2022 - Les problématiques virtuelles des métavers / Caroline Laverdet
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N°484 – novembre 2022
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N°481 – juillet 2022
EXPERTISES N°480 - juin 2022 - Géopolitique du numérique et risque de fragmentation / HENRI VERDIDER
N°480 – juin 2022
EXPERTISES N°479 - mai 2022 - Ransomware : payez la rançon l'assurance rembourse / Valéria FAURE-MUNTIAN
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EXPERTISES N°478 - avril 2022 - RÉDUIRE LA POLLUTION DU NUMÉRIQUE : UNE LOI PIONNIÈRE / Patrick CHAIZE et Frédéric BORDAGE
N°478 – avril 2022
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N°477 – mars 2022
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N°476 – février 2022
EXPERTISES N°475 - janvier 2022 - DROIT DU LOGICIEL : ETAT DES LIEUX / Bernard LAMON
N°475 – janvier 2022
EXPERTISES N°474 - décembre 2021 - Open data judiciaire : Un lancement prudent / Estelle Jond-Necand
N°474 – décembre 2021
EXPERTISES N°473 - novembre 2021 - La data au cœur des investigations internes / Jean-Julien Lemonnier
N°473 – novembre 2021
EXPERTISES N°472 - octobre 2021 - ROMAIN DARRIERE / INFLUENCEURS VERS LA MATURITÉ
N°472 – octobre 2021
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N°471 – septembre 2021
EXPERTISES N°470 - juillet 2021 - Brevets IA : les écueils à éviter / Mathias Robert
N°470 – juillet 2021
EXPERTISES N°469 - juin 2021 - IA : POUR UN DROIT DE RUPTURE / ALAIN BENSOUSSAN
N°469 – juin 2021
EXPERTISES N°468 - mai 2021 - Néoassurance, un modèle qui émerge / Christophe Dandois
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N°467 – mars 2021
EXPERTISES N°466 - mars 2021 - DSA/DMA : CHANGEMENT DANS LA CONTINUITÉ / ANNE COUSIN ET JEAN-MATHIEU COT
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N°465 – février 2021
EXPERTISES N°464 - janvier 2021 - L’expertise-conciliation : pacifier les litiges / Fabien CLEUET et François-Pierre LANI
N°464 – janvier 2021
EXPERTISES N°463 - décembre 2020 - Matching prédictif un recrutement biaisé / Stéphanie Lecerf
N°463 – décembre 2020
EXPERTISES N°462 - novembre 2020 - La révolution open banking / Thibault Verbiest
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N°461 – octobre 2020
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N°460 – septembre 2020
EXPERTISES N°459 - juillet 2020 - Transmettre l'immatériel / David Ayache
N°459 – juillet 2020
EXPERTISES N°458 - juin 2020 - Les racines de notre dépendance technologique / Christian HARBULOT
N°458 – juin 2020
EXPERTISES N°457 - mai 2020 - Covid 19 & données personnelles<br>De la défiance à la confiance / Yann Padova » title= »EXPERTISES N°457 – mai 2020 – Covid 19 & données personnelles<br>De la défiance à la confiance / Yann Padova » description= »EXPERTISES N°457 – mai 2020-  Covid 19 & données personnelles<br>De la défiance à la confiance / Yann Padova »></div>
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EXPERTISES N°456 - avril 2020 - Pour l’ouverture<br>des données privées / Laurent Lafaye » title= »EXPERTISES N°456 – avril 2020 – Pour l’ouverture<br>des données privées / Laurent Lafaye » description= »EXPERTISES N°456 – avril 2020-  Pour l’ouverture<br>des données privées / Laurent Lafaye »></div>
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EXPERTISES N°455 - mars 2020 - Profilage :<br> pratiques & parades / Cédric Lauradoux » title= »EXPERTISES N°455 – mars 2020 – Profilage :<br> pratiques & parades / Cédric Lauradoux » description= »EXPERTISES N°455 – mars 2020-  Profilage :<br> pratiques & parades / Cédric Lauradoux »></div>
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EXPERTISES N°454 - février 2020 - La robustesse de<br>la PI face A l’IA / Franck Macrez » title= »EXPERTISES N°454 – février 2020 – La robustesse de<br>la PI face A l’IA / Franck Macrez » description= »EXPERTISES N°454 – février 2020-  La robustesse de<br>la PI face A l’IA / Franck Macrez »></div>
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EXPERTISES N°453 - janvier 2020 - RGPD : une révolution dans la continuité / Ariane MOLE
N°453 – janvier 2020
EXPERTISES N°452 - décembre 2019 - le droit de<br>la compliance<br>pour réguler l’internet / Marie-Anne Frison-Roche » title= »EXPERTISES N°452 – décembre 2019 – le droit de<br>la compliance<br>pour réguler l’internet / Marie-Anne Frison-Roche » description= »EXPERTISES N°452 – décembre 2019-  le droit de<br>la compliance<br>pour réguler l’internet / Marie-Anne Frison-Roche »></div>
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EXPERTISES N°451 - novembre 2019 - Data brokers :</br>le trou noir</br>des données personnelles / Antoine Dubus » title= »EXPERTISES N°451 – novembre 2019 – Data brokers :</br>le trou noir</br>des données personnelles / Antoine Dubus » description= »EXPERTISES N°451 – novembre 2019-  Data brokers :</br>le trou noir</br>des données personnelles / Antoine Dubus »></div>
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EXPERTISES N°450 - octobre 2019 - Numérique :<br>le défi fiscal / Frédéric Douet » title= »EXPERTISES N°450 – octobre 2019 – Numérique :<br>le défi fiscal / Frédéric Douet » description= »EXPERTISES N°450 – octobre 2019-  Numérique :<br>le défi fiscal / Frédéric Douet »></div>
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EXPERTISES N°449 - septembre 2019 - L'impérialisme<br>juridique / Olivier de Maison Rouge » title= »EXPERTISES N°449 – septembre 2019 – L’impérialisme<br>juridique / Olivier de Maison Rouge » description= »EXPERTISES N°449 – septembre 2019-  L’impérialisme<br>juridique / Olivier de Maison Rouge »></div>
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EXPERTISES N°448 - juillet 2019 - DPO : un métier<br>qui s’installe / Paul Olivier Gibert » title= »EXPERTISES N°448 – juillet 2019 – DPO : un métier<br>qui s’installe / Paul Olivier Gibert » description= »EXPERTISES N°448 – juillet 2019-  DPO : un métier<br>qui s’installe / Paul Olivier Gibert »></div>
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EXPERTISES N°447 - juin 2019 - Le RGPD : du droit sans vision stratégique / Julien Nocetti
N°447 – juin 2019
EXPERTISES N°446 - mai 2019 - IGN : la gratuitE des données en question / Marie Pisan
N°446 – mai 2019
EXPERTISES N°445 - avril 2019 - Nom de domaine un actif et des risques / Nathalie Dreyfus
N°445 – avril 2019
EXPERTISES N°444 - mars 2019 - Les logiciels libres, un modèle mature / Benjamin Jean
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EXPERTISES N°443 - février 2019 - Résister à la gouvernance algorithmique / François Pellegrini
N°443 – février 2019
EXPERTISES N°442 - janvier 2019 - Anticiper sa survie numérique au-delà de sa mort / Mathieu Fontaine
N°442 – janvier 2019
EXPERTISES N°441 - décembre 2018 - Intelligence artificielle et médecine quelle éthique pour demain ? / David Gruson
N°441 – décembre 2018
EXPERTISES N°440 - novembre 2018 - Blockchain AS A SERVICE Démocratisation de la blockchain ? / Marc-Antoine Ledieu
N°440 – novembre 2018
EXPERTISES N°439 - octobre 2018 - Nathalie Nevejans / Nathalie Nevejans
N°439 – octobre 2018
EXPERTISES N°438 - septembre 2018 - Pour la médiation judiciaire en  propriété  intellectuelle / Françoise Barutel Naulleau
N°438 – septembre 2018
EXPERTISES N°437 - juillet 2018 - Science-fiction : quand l’imaginaire devient source de droit / Fabrice Defferrard
N°437 – juillet 2018
EXPERTISES N°436 - juin 2018 - CONTRATS, Accès indirects & coûts cachés : SAP BRISE LA GLACE AVEC Ses utilisateurs / Gianmaria Perancin
N°436 – juin 2018
EXPERTISES N°435 - mai 2018 - L’innovation prédatrice Un nouveau défi pour le droit de la concurrence / Thibault Schrepel
N°435 – mai 2018
EXPERTISES N°434 - avril 2018 - LES données LA NOUVELLE INGENIéRIE  DU POUVOIR / Adrien Basdevant
N°434 – avril 2018
EXPERTISES N°433 - mars 2018 - L’open data de la jurisprudence : Le casse-tête de l’anonymisation / Loïc Cadiet
N°433 – mars 2018
EXPERTISES N°432 - février 2018 - RGPD : vers un futur standard global / Max Schrems
N°432 – février 2018
EXPERTISES N°431 - janvier 2018 - L’angoisse du RGPD la Cnil rassure / Jean Lessi
N°431 – janvier 2018
EXPERTISES des systèmes d’informationseptembre 2026 – N°526

L'édito du mois

Ralentir

Il aura fallu que des agents IA de deux modèles d’OpenAI en phase de test opèrent une cyberattaque de leur propre initiative pour que le secteur de la tech aux Etats-Unis change de discours sur la régulation et demande « au gouvernement américain de soutenir un effort international pour développer les outils techniques et de gouvernance nécessaires afin de rythmer délibérément la frontière du développement automatisé de l’IA. ». Le 9 juillet dernier, le monde de la tech a en effet retenu son souffle. Un « incident cyber digne de la science-fiction » a déclaré Sam Altman pour décrire le piratage d’Hugging Face perpétré par des agents IA de son organisation, « le premier incident de sécurité que j’ai ressenti de manière aussi viscérale ».
Si Sam Altman n’a pas signé la pétition, signée par 1 293 membres des entreprises d’IA de pointe dont Dario Amodei d’Anthropic, il la soutient. Intitulé « Pacing the Frontier », ce texte publié le 28 juillet dernier fait le constat suivant : « Pour réaliser le potentiel de l’IA, l’industrie, le gouvernement et la société dans son ensemble pourraient avoir besoin de la possibilité d’acheter du temps pour faire face aux risques émergents, développer des mesures de sécurité et renforcer la surveillance. Mais chaque entreprise — et chaque pays — subit une forte pression concurrentielle pour ne pas ralentir unilatéralement cette accélération. Et aujourd’hui, le monde manque des outils techniques et de gouvernance nécessaires pour gérer délibérément le progrès à l’échelle de la frontière ». Leo Gao, un signataire qui travaille chez OpenAI explique en commentaire, « le monde est engagé dans une course mortelle vers une explosion de renseignement, où la capacité de l’IA à créer de meilleures IA atteint un point critique, tout comme une réaction nucléaire en chaîne incontrôlée. Aller plus lentement nous donnerait le temps nécessaire pour que tout se passe bien, mais aucun acteur individuel n’est prêt à s’arrêter unilatéralement. Pour survivre, nous devons nous coordonner pour ralentir la course.»
On ne peut pas ralentir seul, sinon on se fait dépasser. Mais pendant que les entreprises américaines réclament une décélération dans le cadre d’une gouvernance mondiale, les Chinois accélèrent. Le 16 juillet 2026, 29 pays (dont la Russie, le Brésil, l’Afrique du sud et autres Etats du sud dit global) ont signé à Shanghai un accord établissant la World Artificial Intelligence Cooperation Organization (Waico), une nouvelle organisation intergouvernementale consacrée à l’IA. Cette initiative chinoise a pour objectif officiel la coopération internationale, la participation à la rédaction de règles encadrant l’utilisation des modèles d’intelligence artificielle et la contribution à la gouvernance mondiale de l’intelligence artificielle. La Chine montre ainsi qu’elle est un acteur incontournable de cette technologie. Ce projet politique, voire géopolitique, s’appuie sur une offre de modèles d’IA moins chers et ouverts. Les modèles chinois tels que Kimi K3 ou Deepsearch ont opté pour l’open weight. À ne pas confondre avec l’open source. Seuls les poids finaux du réseau de neurones, la version atteinte à la fin de son entraînement, sont ouverts mais pas les données d’entraînement ou le code. Néanmoins, on peut télécharger ces modèles, les modifier pour répondre à ses besoins et les déployer. C’est d’ailleurs un modèle chinois open weight qui a permis à Hugging Face d’analyser l’attaque qu’elle avait subie par les agents d’OpenAI. Un point de plus marqué sur les systèmes fermés américains, censés être plus sûrs. D’ailleurs aux Etats-Unis, l’open weight séduit. Le 24 juillet dernier, plus de 130 entreprises dont Nvidia, Dell, Hugging Face, IBM, Meta, Microsoft, Mistral AI, Mozilla, Palantir Perplexity, OpenAI, GitHub ou, Google (mais ni Amazon ou Anthropic), ont signé une lettre ouverte plaidant pour cette ouverture. « Avec les bons choix, une IA ouverte peut multiplier les opportunités, renforcer la concurrence, consolider le leadership technologique américain, atténuer les risques et garantir que les bénéfices de cette technologie extraordinaire soient largement partagés par l’ensemble de notre économie. Cet avenir mérite d’être bâti, et les États-Unis devraient en être les fers de lance. »
Dans un contexte de concurrence exacerbée entre deux blocs dont chacun convoite le leadership sur l’IA avec deux visions très divergentes, difficile d’imaginer un ralentissement mondial qui nécessiterait un consensus autour d’une gouvernance unique. Mais tout évolue tellement vite.

Le focus du mois

Données personnelles

Menaces sur les flux transatlantiques

Un arrêt de la Cour suprême des Etats-Unis qui a affirmé la prééminence du pouvoir présidentiel sur la FTC pourrait conduire à la suspension ou l’annulation de la dernière décision d’adéquation de la Commission européenne sur les transferts transatlantiques de données personnelles, faute d’un mécanisme de recours indépendant pour les Européens.

Le 29 juin dernier, la Cour suprême des États-Unis a jugé que la protection légale des commissaires de la Federal Trade Commission contre une révocation arbitraire du Président des Etats-Unis était incompatible avec la séparation des pouvoirs et donc inconstitutionnelle. Bien que cette affaire ne porte pas sur les données personnelles, elle a suscité de graves inquiétudes quant à l’avenir des flux de données transatlantiques, en raison des menaces qui pourraient désormais peser sur la décision d’adéquation de la Commission européenne du 10 juillet 2023. Le Data Privacy Framework (DPF) qui suppose l’indépendance des mécanismes de recours connaîtra-t-il le même sort que les mécanismes précédents, le Safe Harbor et le Privacy Shield ? Max Schrems, à l’origine des actions qui ont donné lieu à leur invalidation par deux arrêts de la Cour de justice de l’UE, a appelé la Commission à réexaminer la décision d’adéquation qui sous-tend le DPF. Et il a annoncé son intention d’intenter un recours devant la CJUE contre la décision de la Commission, par le biais de Noyb, la fondation qu’il a créée. Quant à la Commission, elle a déclaré étudié les conséquences de l’arrêt américain sur sa décision d’adéquation, sans toutefois la suspendre. Le DPF reste juridiquement en vigueur tant que la Commission européenne ou la CJUE ne se sont pas prononcées.
L’arrêt rendu dans l’affaire Trump contre Slaughter par la Cour suprême s’appuyait sur la théorie dite de l’« exécutif unitaire », selon laquelle le Président des États-Unis doit exercer un contrôle absolu sur toutes les branches du pouvoir exécutif. Ainsi, peut-on lire dans les motivations de l’arrêt que « le Président peut révoquer ses subordonnés à sa discrétion. La FTC exerce incontestablement un pouvoir exécutif et doit donc être contrôlée par le chef de l’État. » La Cour a ainsi remis en cause l’arrêt Humphrey’s Executor contre les États-Unis de 1935 qui avait fixé le cadre du système des agences de réglementation indépendantes, comme la FTC, la FCC ou la SEC.
En quoi cet arrêt aurait-il une incidence sur les flux transatlantiques de données personnelles ? Pour permettre ces transferts, alors que le droit américain ne remplit pas les conditions d’adéquation au droit européen, un mécanisme avait été imaginé reposant sur l’engagement des entreprises adhérentes à respecter des principes de protection des données, sous la surveillance et le pouvoir de sanction de la FTC. La dernière décision d’adéquation de la Commission reposait, en grande partie, sur l’indépendance et l’efficacité des mécanismes de contrôle et d’application américains, afin de garantir aux personnes concernées de l’UE un niveau de protection essentiellement équivalent pour leurs données personnelles. Or, l’absence de garanties suffisantes d’indépendance et de contrôle vis-à-vis des services de renseignement de l’autorité chargée de la surveillance du système avait entraîné l’invalidation par la CJUE du Safe Harbor le 6 octobre 2015 (arrêt Schrems I) puis celle du Privacy Shield le 16 juillet 2020 (arrêt Schrems II). La Cour avait considéré que l’absence de recours effectif pour les Européens ne garantissait pas une protection équivalente contre les programmes de surveillance américains.
Pour remédier à cette absence de recours effectif en matière de surveillance, le décret exécutif 14086 pris en octobre 2022 par Joe Biden encadre l’accès des services de renseignement aux données des Européens et crée une juridiction de recours dédiée, la Data Protection Review Court (DPRC). Il s’agit d’un organe quasi judiciaire au sein du département de la Justice américain, destiné à garantir aux citoyens européens le droit de contester l’accès des services de renseignement américains à leurs données. Ce dispositif validé par la Commission européenne avait été confirmé le 3 septembre 2025 par le Tribunal de l’UE, suite au recours du député français Philippe Latombe invoquant l’absence de protection essentiellement équivalente. Ce dernier a formé un pourvoi devant la CJUE qui est toujours pendant.
Parallèlement à la question de l’accès des services de renseignements aux données, la décision d’adéquation porte sur un aspect plus commercial, les obligations des organismes certifiés DPF qui importent des données personnelles de l’UE vers les Etats-Unis. Elle désigne la FTC comme principale autorité civile chargée de veiller au respect des règles par les organisations participant au DPF. Elle mentionne les pouvoirs de la FTC d’enquêter sur les infractions aux règles, d’imposer des mesures correctives et de conclure des accords avec les entreprises qui ne respectent pas leurs obligations. C’est sur ce point que l’arrêt Trump v. Slaughter pourrait avoir un effet sur la décision d’adéquation.
Les arrêts « Schrems I » et « Schrems II » portaient sur le droit américain de la surveillance et l’efficacité des recours pour les citoyens de l’UE, et non sur l’aspect commercial. Or, l’arrêt Trump v. Slaughter concerne la FTC qui n’a pas de compétence en matière de sécurité nationale ou de renseignement. Quels que soient les effets de cette décision, ils ne peuvent donc concerner directement que l’aspect commercial.
Les organisations qui opèrent des transferts transatlantiques de données se retrouvent de nouveau confrontées à l’épineuse question de la conformité au RGPD. Si la décision d’adéquation devait être suspendue, ce qui encore loin d’être le cas, il existe d’autres instruments – les clauses contractuelles types et les règles d’entreprise contraignantes (BCR). Mais ces mécanismes risquent de ne pas être d’un grand secours. En effet, les entreprises doivent réaliser des analyses d’impact du transfert afin de vérifier que le pays de destination offre des garanties de protection équivalentes à celles de l’Union européenne.

par Sylvie Rozenfeld

L'invité du mois

Interview / Perica Sucevic

par Sylvie Rozenfeld

Vers un numérique public indépendant

La souveraineté numérique semble être une préoccupation récente dont même les candidats aux futures élections présidentielles commencent à se soucier. Pourtant le sujet n’est pas nouveau, comme nous l’explique Perica Sucevic, qui dirige le pôle juridique de la direction interministérielle du numérique, et à ce titre est très impliqué dans l’élaboration du cadre juridique du numérique public et notamment la loi Pour une République numérique dans laquelle figure déjà le principe d’une indépendance. Celle-ci repose sur trois piliers : la commande publique, l’open source et l’open data. Il explique en quoi ils consistent et comment ils sont concrètement exploités. Il aborde également la question de l’intelligence artificielle et ses implications en termes de transparence et de souveraineté.

Sylvie Rozenfeld : Avocat de formation, Perica Sucevic, vous dirigez le pôle juridique de la Dinum (direction interministérielle du numérique) appelée à se transformer en une Autorité nationale du numérique et de l’intelligence artificielle de l’État (Ariane). Vous participez directement à l’élaboration du cadre juridique du numérique public et vous avez pris une part active à celle d’une politique ambitieuse de la donnée portée par la loi pour une République numérique.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, même si c’est lié, j’aimerais savoir quels sont les changements attendus de la transformation de la Dinum en Ariane, et qu’est-ce que ça va changer pour vous ?

Perica Sucevic : Tout a démarré avec l’annonce du Premier ministre de la transformation du numérique public, le 30 avril dernier, dans les locaux de l’ANTS (Agence nationale des titres sécurisés). Le grand changement porte sur la réorientation vers le cœur de l’infrastructure du système d’information de l’État et de sa sécurité. La Disic, l’ancêtre de la Dinum, avait été créée au départ en 2011 en se focalisant sur le système d’information de l’État, et au fil des transformations, le numérique a été rajouté. Ce volet numérique a pris une grande part de l’activité, avec la mise en place d’une véritable politique de la donnée, et le développement en interne de beaucoup de services numériques. Désormais, il serait question d’avoir, d’un côté, une structure recentrée vers le système d’information de l’État, Ariane, et, de l’autre, un volet « services publics » qui serait porté par la transformation de la direction interministérielle de la transformation publique qui deviendrait la direction des services publics[SR1.1]. Mais aujourd’hui, on en est toujours dans une phase de préfiguration, de rédaction des textes, d’organisation des missions, etc.

Tout le monde s’intéresse aujourd’hui à la souveraineté numérique. La question s’invite même dans les élections présidentielles. Le 16 juillet dernier, la commission d’enquête sur les dépendances numériques de la France présidée par le député Philippe Latombe a pointé notre dépendance numérique. La problématique n’est cependant pas nouvelle, elle était sous-jacente dans la loi pour une République numérique de 2016. Son article 16 prévoit que les administrations « veillent à préserver la maîtrise, la pérennité et l’indépendance de leurs systèmes d’information ». Un article toujours d’actualité avec l’irruption de l’IA ?
J’aurais tendance à dire qu’il est encore plus d’actualité. Nous avons adopté ces dispositions il y a dix ans. Or, le monde géopolitique a changé depuis, avec la guerre en Ukraine, celle au Proche-Orient, les questions de souveraineté énergétique ou militaire. Par conséquent, la question revient sur le devant de la scène. Laissez-moi revenir sur les conditions de l’adoption de ce fameux article 16. La loi pour une République numérique avait fait l’objet d’une consultation publique, avec la mise à disposition des citoyens du projet de texte qui avaient la possibilité d’exprimer leur adhésion ou non à certains articles et aussi celle d’en proposer. Et parmi les deux dispositions qui ont été proposées, il y a celle qui concerne la transparence algorithmique, car les parents étaient très inquiets de l’orientation de leurs enfants après le Bac car ils ne comprenaient pas comment fonctionnait le dispositif. C’était l’ancêtre de Parcoursup qui s’appelait « Admission post-bac » (APB). À également surgi la thématique de la souveraineté, par l’intermédiaire d’une discussion autour du logiciel libre. Certains internautes voulaient l’imposer à l’administration quand d’autres affirmaient que c’était interdit puisque la commande publique ne le permet pas. Donc on a essayé de faire un pas de côté et de sortir du débat intrinsèque pour l’orienter vers les objectifs qui pouvaient être poursuivis par l’administration. Ces objectifs ont en fait été théorisés en 1928 dans les fameuses lois de Rolland. Selon Louis Rolland, le service public repose sur trois grands piliers : l’égalité des citoyens devant le service public, la continuité du service public, et le principe de mutabilité ou d’adaptabilité du service public. Donc on a revu la question sous cet angle-là et non sous celui du logiciel libre qui est un débat de théoriciens. Dans l’administration, on cherche à assurer le service public dans les conditions qui ont été déterminées dans ces années-là : les principes de continuité, d’adaptation aux circonstances, notamment en fonction des avancées technologiques. La question …

Les doctrines du mois

Concurrence

La conformité : un nouvel actif protégé

Par Stéphane ASTIER et Florian PERRETIN

Longtemps perçue comme un simple centre de coûts ou une contrainte administrative, la conformité juridique et réglementaire connaît un changement de paradigme majeur sous l’impulsion de la jurisprudence civile et commerciale. Cet article analyse la façon dont les juges associent les dépenses de mise en conformité (respect de normes techniques, certifications, cadres réglementaires) à la notion d’investissement conférant à l’entreprise une « valeur économique individualisée ».

Intelligence artificielle

Quelle protection contre le clonage par l’IA ? Vers un sanctuaire des droits de la personnalité

Par Alexandra ITEANU

L’IA générative démultiplie les atteintes classiques aux attributs de la personnalité. Plusieurs pistes de protection se dessinent entre les droits de la propriété intellectuelle et le droit des données personnelles, sans être totalement satisfaisantes. Le 24 juin dernier, la Cour de cassation a consacré le droit à la voix comme attribut de la personnalité protégé par l’article 9 du code civil.

Enregistreurs IA

Les vendeurs doivent assumer leur responsabilité

Par Jean ALBERT

Ce que personne ne lit mais que tout le monde pense avant d’appuyer sur « enregistrer ». Ces enregistreurs IA permettent d’enregistrer secrètement des conversations. Les mises en garde des vendeurs relatives aux risques légaux, quand elles existent, sont faites pour ne pas être lues. C’est de la gestion de risque juridique, un arbitrage réglementaire. Exigeons que ceux qui les vendent informent réellement ceux qui les achètent.

Transparence des contenus générés par l’IA

Code de bonnes pratiques : Socle commun de gouvernance

Par Garance Mathias et Emma Maurey

La récente adoption du règlement omnibus numérique modifie la date d’entrée en vigueur des obligations de transparence établies par l’article 50 du règlement européen sur l’intelligence artificielle (RIA ou AI Act)1. Ces dernières, initialement applicables à compter du 2 août 2026, entreront en vigueur le 2 décembre 2026 2. Dans ce contexte, le code de bonnes pratiques sur la transparence des contenus générés par l’IA (« Code of Practice on Transparency of AI-Generated Content »3), publié le 10 juin 2026, est un instrument essentiel à la pratique tant des déployeurs que des fournisseurs concernés.

Données de santé

Le bloc opératoire augmenté : Espace de soins ou de production de données ?

Par Jérôme DEROULEZ

Le bloc opératoire augmenté qui vise à améliorer la qualité et la sécurité des soins des blocs opératoires est soumis à un cadre législatif et règlementaire évolutif : entre le RGPD qui fixe les grands principes en matière de données personnelles, le règlement EHDS qui organise leur circulation et leur réutilisation, ou encore l’IA Act et le futur Biotech Act.

Cyberattaque

Rejet de toute responsabilité de l’infogérant

Par Olivier PIGNATARI

Alors que les tribunaux ont tendance à condamner les prestataires informatiques en cas de cyberattaque subie par un client du fait notamment de leur statut de professionnel averti, le tribunal des affaires économiques de Paris a rejeté toute responsabilité du prestataire en charge de l’infogérance d’une partie du système d’information de son client suite à une attaque par rançongiciel. La responsabilité du prestataire a été écartée en raison de l’absence de démonstration formelle de faute de sa part sur son périmètre d’intervention. À contre-courant des précédents judiciaires, ce jugement est définitif, l’assureur du client qui s’était retourné contre l’infogérant au titre de sa RC Pro n’ayant pas interjeté appel.

Gouvernance d’un projet d’IA

L’IA, l’introduction d’une nouvelle technologie en entreprise

Par Camille RACLET

Une décision rendue par la cour d’appel de Paris procure plusieurs repères utiles pour apprécier si le déploiement d’un outil d’intelligence artificielle est susceptible de relever de la notion de « nouvelle technologie » au sens du code du travail et sur les étapes préalables à l’introduction de ces outils.

RGPD

Lien hypertexte : quelle responsabilité ?

Par Alexandre FIEVEE

Comme chaque mois, Alexandre Fievée sélectionne une décision sur la protection des données personnelles rendue par une autorité de contrôle ou une juridiction étrangère. Ce mois-ci, il se penche sur la question de savoir si l’insertion d’un lien hypertexte renvoyant vers des données personnelles (publiées par un tiers à la suite d’une fuite de données) s’analyse comme un traitement licite au regard du RGPD.

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