Pas de trêve judiciaire estivale pour Google qui vient de faire l’objet d’une nouvelle plainte. Cette fois, c’est la géolocalisation des smartphones qui est en cause, active alors même que l’utilisateur a choisi dans ses paramètres de désactiver l’historique de localisation. Le 17 août dernier, un Californien a déposé plainte devant un tribunal de San Francisco accusant Google d’enregistrer l’historique de ses déplacements en ignorant ses paramètres de confidentialité, en violation du California Invasion of Privacy Act et le droit constitutionnel de l’Etat. Le plaignant demande réparation et espère convaincre le tribunal de la légitimité d’une action collective regroupant les utilisateurs de smartphones Android ou iOS ayant désactivé l’historique de localisation et qui ont constaté l’enregistrement de leurs données de déplacement par Google à leur insu.

Tout a commencé avec un article de l’Associated Press du 13 août qui a révélé que Google continuait de collecter les données de géolocalisation, même si le propriétaire du smartphone s’y était opposé au moyen des paramètres de confidentialité. Pourtant, sur la page d’assistance de l’historique de localisation, Google avait spécifié que « quand l’historique des positions est désactivé, les lieux où vous vous rendez ne sont plus enregistrés ». Trois jours après la révélation de l’enquête, Google a dû modifier cette page précisant désormais que « ce paramètre n’affecte pas les autres services de localisation de votre appareil, tels Google Location Services and Find My Device. Certaines données de localisation peuvent être enregistrées dans le cadre de votre activité sur d’autres services, tels que Search et Maps ».

La réponse du juge n’est pas attendue avant plusieurs mois et, dans tous les cas, la procédure risque d’être longue. Comme Google n’est pas prêt à renoncer au suivi de déplacements des utilisateurs, la meilleure façon d’empêcher l’exploitation à notre insu de nos données personnelles ne serait-elle pas de se passer tout simplement de smartphone ? Bien que le phénomène reste encore marginal, une nouvelle tendance se dessine : l’abandon des mobiles intelligents au profit de « dumbphones » (téléphones stupides par opposition aux smartphones) qui ne servent qu’à téléphoner ou envoyer des sms, sans possibilité de se connecter à internet. En 2017, ces mobiles basiques ont connu une croissance de 5% dans le monde. Dans les pays émergents, la demande répond à des motifs d’ordre économique, alors que dans les pays riches, les utilisateurs sont davantage en recherche d’un sevrage numérique.
Si le caractère addictif de certaines applications mobiles pousse certains à reprendre leur vieux Nokia 3310, d’autres seront de plus en plus tentés de le faire pour protéger leur vie privée, quitte à renoncer à des services très utiles.