Yann PADOVA

Fichiers de police honnis et technologies de contrôle intrusives pullulent plus que jamais dans notre société interconnectée : en ce sens, la Cnil, qui ne risque pas le chômage technique, reste "une administration d’avenir", pour reprendre les termes que Yann Padova avait déjà employés voici trois ans à l’occasion de son accession au secrétariat général. Un entretien en forme de bilan donc qui permet de mettre en lumière des avancées de la Cnil tout en faisant apparaître la constance de certaines inquiétudes, voire leur aggravation, liée à la prolifération des outils de surveillance. L’image de la Commission s’est confortée, mérites et critiques confondus. Son action est mieux connue, du fait de sa politique volontariste de communication d’une part, et sans doute aussi de par la diversification et l’amplification de ses missions. Sans renoncer à sa plainte budgétaire, thème qui a longtemps constitué le fondement de son discours, la Cnil ose aujourd’hui se réjouir de l’argumentation constante du nombre de ses agents et de ses experts, ce qui rend possible la multiplication de ses contrôles généralement suivis d’effets. Cette hyperactivité revendiquée est-elle à la mesure des dangers encourus aujourd’hui par le citoyen étroitement surveillé ? Difficile à croire. L’actualité des thèmes concernant la Cnil n’a guère changée : les instruments de traçage, de contrôle, les RFID et les nanotechnologies qui laissent entrevoir les pires menaces en termes de libertés personnelles. Mais c’est le cœur de métier de la Commission que de rappeler la nécessité de la proportionnalité des systèmes par rapport à leur objectif. Qui contesterait d’ailleurs un tel principe, aussi consensuel et sympathique que le mot "équilibre" ?