François POUGET
A l’inflexible rigueur de l’adage "dura lex sed lex", l’avocat François Pouget ajouterait sans doute volontiers une nuance exceptionnelle : le droit d’auteur mérite de surcroît d’être aimé. N’est-il pas une conquête du siècle des Lumières ? nous rappelle François Pouget. Il est une forme d’’’aboutissement ultime" de la réflexion juridique qui place la personne, et non la chose, au cœur de l’analyse. Malgré ce considérable saut conceptuel qui marque son origine, ce droit est aujourd’hui maltraité. Internet qui a rendu possible le téléchargement illicite a permis l’émergence de discours pragmatiques tendant à faire l’éloge d’un prétendu droit à la gratuité de l’œuvre culturelle. Pour se convaincre de l’inanité de cette prétention, il suffit d’observer que beaucoup de personnes s’enrichissent notoirement grâce aux pratiques du peer to peer. Les utilisateurs quant à eux paient beaucoup plus qu’ils ne se l’avouent, tout en se trompant sur les destinataires légitimes de l’argent qu’ils investissent dans le piratage de musiques ou de films. Vous avez aimé "Les choristes" ? Vous avez suivi le procès né de son téléchargement massif ? Alors vous apprécierez sans doute le commentaire juridique qu’en fait François Pouget, qui pour son client, a mis au point cette stratégie originale : pourquoi ne pas assigner les publicitaires qui financent les sites peer to peer, complices objectifs du téléchargement abusif ? Voilà une idée novatrice qui ne s’arrêtera certainement pas en si bon chemin.
