Didier Intès et Aurélia Marie
Une activité inventive doit nécessairement ressortir à la non évidence pour accéder à la protection : voilà une affirmation, qui bien qu’elle ne mette pas en déroute une intelligence moyenne, exige déjà l’élucidation objective de l’état de la technique avant l’apparition de l’objet inventif évoqué. « Ces choses là sont rudes » constatait Victor Hugo à propos, certes, de tout autre chose, ajoutant : « il faut pour les comprendre avoir fait des études ». Les connaissances ardues que l’écrivain national attendait des savants, il les aurait également requises des conseils en propriété industrielle s’il avait eu à les fréquenter. Mais il est mort en 1885, sans doute dans l’ignorance de la création de la profession en 1880. Les demandes des clients des cabinets de conseil en propriété industrielle ont fortement évolué depuis les premiers temps de la révolution industrielle. Il ne s’agissait guère au début que d’un besoin de prestations de nature technique. Aujourd’hui, les attentes portent sur la valeur ajoutée et les consultants ont à s’occuper aussi de conseil en stratégie, qui peut aller jusqu’à la mise en œuvre opérationnelle de plans d’action. Un métier en pleine mutation, nous expliquent Didier Intès et Aurélia Marie, du cabinet Beau de Loménie, ne serait-ce que du fait de l’émergence d’internet, de l’élargissement des bases de données et d’une compétition européenne croissante.
